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Sylvian MESCHIA en Terres Inconnues

 

Meschia écrit le 3ème acte de sa rencontre avec Martres-Tolosane.

Et tout est prétexte à exploration en Terres Inconnues, rien ne se jette, tout se recycle et reprend vie sous les doigts du poète. Vieilles voitures, tracteurs, bidons, vélos, horloges renaissent dans une grande marmite artistique où un délire joyeux côtoie les céramiques pures et sévères et nous promène en scénettes nostalgiques dans les petits jardins de la ville...

...donner du bonheur tout simplement.

 

Pour une visite virtuelle, vous pouvez consulter le site du Grand Presbytère: https://www.legrandpresbytere.com/

Un artiste...

... Sylvian Meschia

 

Je suis né dans un village du sud de l'Algérie, et j'ai grandi aux portes du désert. J'ai appris l'arabe sur des ardoises de terre sur lesquelles je passais un chiffon mouillé, comme une vague sur le sable.

Déjà, Ecrire, Effacer.... Un geste millénaire...

Déjà les tablettes d'argile et leur mémoire infinie...

Déjà, la transmission et le pont des temps.

Après les cités de Marseille, de Muret, mon arrivée en France est associée à ma découverte de l'art contemporain.

A 18 ans, je pars un an à l'abbaye bénédictine de Tournay pour apprendre la céramique dans l'atelier de tournage. Un apprentissage décisif. La musique, les chants, la prière, le travail, les échanges avec d'autres artistes... La vie que je découvre est celle qui m'appelle, celle que je vivrai, devenant "le père abbé" d'une famille de cinq enfants avec pour cœur Karen, mon épouse anglaise.

Je consacre l'année suivante à un tour des ateliers nomades en Tunisie, à mobylette, avec mon petit sac à dos, quelques œuvres de René Char, Rainer Rilke, Philippe Jaccottet, Yves Bonnefoy, Guillevic... Des compagnons de route qui deviendrons des amis de vie et d'inspiration.

1975, Avignon. J'avais 23 ans. Paul Puaux, le nouveau directeur du festival d'Avignon, est le successeur et disciple de Jean Vilar. Il me prend dans son équipe. Entre montage et démontage d'expos, une opportunité se présente : l'ouverture de la maison Jean Vilar. Je deviens régisseur de ce lieu intégré au festival d'Avignon. Durant sept ans, je vis quotidiennement en présence de la "grande famille des artistes" dans ce creuset alchimique habité par l'esprit Vilar. J'apprends l'humilité et n'ose pas rêver à ma propre création.

 

1982 : je tourne la page pour un nouveau cycle. J'achète une ferme, trouve un atelier à Rieux face à la rivière, derrière le parc des Jacobins. Un village, une maison, la chaine des Pyrénées pour horizon, plus de déménagements, des enfants qui vont à l'école, j'entre doucement en vie. Je ne suivrai pas la voie de l'exil de ma lignée familiale. Je suis le premier de ma lignée à m'inventer. Pus occitans que les occitans, je m'imprègne d'une culture qui me ressemble : la poésie, le raffinement des troubadours, une résistance au pouvoir centralisateur de la France qui se dessine, le catharisme et ses "purs"...

C'est ainsi que je devins le potier de Rieux.


Meschia à l'oeuvre